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Témoignages de parents et d’enseignants

L’ENFANT, UN ÊTRE À FORMER

NOUVEAUX LIEUX, NOUVELLES INSTITUTIONS

DES RÉGENTS ET D’ANCIENS ÉLÈVES TÉMOIGNENT

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Le contact avec les approches plurielles des langues et cultures

L’enseignante 1 témoigne de sa motivation à s’intéresser aux langues et cultures de ses élèves :

« J’étais en recherche depuis le début de l’année, voir comment on pouvait faire, j’avais un petit enfant qui parlait pas français qui est né en France. ça faisait déjà deux ans qu’il était à l’école et il parlait pas du tout. J’ai fait des recherches un peu sur internet déjà et puis je suis tombé sur l’article et je me suis dit : c’est peut-être le moyen, cet article-là m’a interrogée en tout cas en me disant, il faut que je me remette en question. Effectivement c’est comme ça que ça fonctionne, si on accepte l’autre langue et l’autre culture comme telles ça peut changer quelque chose et effectivement ça a changé quelque chose […] »

L’enseignante 2 raconte son expérience :

« Alors au début quand [on m’]a présenté le projet il y a donc plus d'un an maintenant, j'étais un peu réticente parce que je ne voyais pas très bien comment ça pouvait se mettre en place, quel était l'intérêt pour les enfants ? Après finalement j'ai invité beaucoup de mamans à participer dans ma classe et j'ai trouvé ça bien parce que ça permettait une chose au moins c'est que les parents entrent dans l'école et en plus des parents d'origine étrangère qui même s'ils sont curieux n'osent pas, parce qu'on va pas assez vers eux °rire° Donc là moi je trouvais que ç’avait ouvert vraiment la classe l'école à ses parents quand j’ai projeté la vidéo à l'ensemble de la classe, j'ai quand même eu la moitié des parents, plus de parents qu'à ma réunion de rentrée par exemple, donc j'ai trouvé ça bien ils étaient curieux de savoir ce qu'avait fait leur enfant dans la classe autour des langues . »

Effets sur les parents

L’enseignante 1 raconte ce que son changement d’attitude vis-à-vis des langues de ses élèves a eu comme effet sur ses relations avec les parents :

« J’ai demandé [à la maman] c’est pas grave elle commençait à m’expliquer : « vous savez je parle pas bien français et tout » j’ai dit : « parlez-lui en turc si vous voulez, est-ce que vous connaissez l’histoire du Petit Chaperon Rouge ? ». Alors elle m’a dit oui donc j’ai dit : « racontez lui en turc, c’est pas grave, lui il parle pas français à l’école c’est pas grave racontez lui en turc. » Je lui ai donné le livre : « racontez lui l’histoire avec votre langue, c’est pas graveparlez lui. » Du coup, elle, ça l’a libérée par rapport à nous même. Elle me parle beaucoup plus facilement, elle hésite pas, […] c’est plus une gêne pour elle. […] elle se sent plus coupable de me parler. »

« une [autre] maman qui pareil n’est pas née en France m’a dit : « c’est super  ce que vous faites, moi toute mon enfance j’ai souffert de ça à l’école, du fait qu’on ne me reconnaisse pas dans ma culture et dans ma langue et qu’on élimine quelque part mes parents ; j’en ai souffert tout le temps, donc ce que vous faites c’est génial de reconnaître les autres cultures, les autres langues et aussi de faire une ouverture pour tous les autres enfants, que tout le monde se rende compte qu’y a plein de cultures différentes, plein de langues différentes. » Elle nous était très reconnaissante de faire ça c’était très fort. »

L’enseignante 2 témoigne à son tour :

« Je reviens ce que j'ai fait cette année, les sacs à albums où notamment les parents devaient, sur la soupe aux cailloux, donner leurs recettes de soupe préférée, ça a marché et même des parents, une maman en question qui ne maîtrise pas la langue française je sais que c'est pas elle qui a écrit mais on a eu une recette de soupe élaborée donc je sais pas si c'est le papa parce que lui parle bien français ou les enfants qui sont plus grands qui ont écrit mais ça a marché, il n'y avait aucune obligation c'était glissé dans le sac, et voilà. Je crois [qu’]il faut aller chercher les parents il faut leur donner confiance pour qu'ils osent. »

Effets observés par les enseignantes sur les parents.

L’enseignante 1 raconte les effets qu’elle a pu observer sur les élèves lorsque des activités plurilingues comprenant les langues familiales sont menées en classe avec les parents :

« […] le sourire des enfants dont les parents intervenaient et dont c’était leur langue quand comme ça à la fin les enfants applaudissaient spontanément »

L’enseignante 2 ajoute, sur le fait de travailler plusieurs langues en même temps :

« Je craignais un peu le fait que ça soit un petit peu [confus], alors comme c'était ponctuel ça pouvait pas les perturber énormément. Mais au contraire je trouve qu'ils affinent quand « papa » se dit « « baba » ou des choses comme ça, ils entendent bien qu'il y a une différence et donc on peut jouer autour de ça, c'est bien, je ne regrette pas Après ça été sport des fois °rire° »

Une autre enseignante témoigne :

« en ce moment les enfants essaient de m’apprendre l’arabe, et [ils] sont très très intransigeants <rires > : « elle est nulle la maitresse », il faut répéter pour que je le dise bien. »

Une autre enseignante témoigne de sa place privilégiée d’observatrice lorsque la séance est co-animée par une intervenante de l’association ou un parent :

« Je me suis placée du côté des enfants, j'ai plus regardé les enfants parce que j'ai pas l'occasion et que quand je voyais l'intérêt et l’enthousiasme des enfants… Une petite fille qui je me rappelle parce qu’elle a tout le temps son pouce dans la bouche, qui enlève son pouce parce qu’on entend une histoire en arabe marocain et elle regarde avec le sourire, et voilà une enfant qui est très très fermée, très introvertie et là je me dis c'est gagné. Quand on voit des choses comme ça sincèrement j'ai trouvé ça fantastique, vraiment, donc je pense que pour eux c'est encore plus de sens que pour nous, parce qu'ils disent « ah oui je peux parler ma langue, je peux faire partager des choses avec ma langue » voilà. »

Témoignages de parents

Parent 1, effet sur leur enfant / les enfants :

« Je pense que ça leur a permis de découvrir qu’il n’y avait pas que le français. Mon fils parle que français, donc il a compris qu’il y avait d’autres langues et que [ses camarades] parlaient pas que le français. Quand il regarde la télé, des fois il me dit « maman regarde ça parle en anglais ». Pour lui c’est tout anglais, c’est français et anglais (rires). Donc oui ça leur a permis de découvrir d’autres langues, […] découvrir qu’il y avait pas que le français »

Parent 2, effet sur les apprentissages :

« Au début du [projet], honnêtement, je me demandais à quoi ça va leur servir [aux enfants], parce que je connaissais pas trop et puis j’étais un peu sceptique on va dire. Et puis en fin de compte après le plaisir des enfants, la joie que les mamans transmettaient [à travers] des chansons ou apprendre un peu, [avec] les papas les mamans tout dans une autre langue, j’ai vu que nos enfants s’épanouissaient, qu’ils découvraient autre chose que leur langue. Ça a changé mon opinion, parce que je connaissais pas. J’ai vu qu’ils se sont lancés dans le jeu d’autres langages. »

Parent 3, qui a participé à la traduction de texte pour des lectures plurilingues :

« Je me suis sentie flattée, déjà qu'on me propose de faire ça parce que quelque part c’est une valorisation de faire ça, j'avais quelques petites appréhensions parce que je me disais et si il y a des mots que je ne connais pas en arabe, comment je vais faire ? donc je sais que j'avais une aide à côté, c'était mon mari et qui lui parle vraiment très bien l'arabe, qui m'a aidée. Mais en fin de compte j'ai réussi la plupart des traductions, je les ai faites toute seule parce qu'en fait les mots je les connaissais, il fallait juste un peu réfléchir et c'est revenu voilà «

Parent 4, comment les enfants en parlent :

« Dè qu'il est sorti de la classe, il m'en a parlé parce que pour lui c'était déjà rigolo, il a trouvé ça intéressant, il m'a dit : « maman c'est très bien » et quand d’autres séances étaient prévues ensuite, il savait que [l’intervenante de l’association] allait revenir pour raconter des histoires, le matin il était tout de suite levé parce qu'il y avait d'autres histoires, doncj'ai eu ce retour positif. Il est arrivé, il m’a dit : « maman tu sais comment on dit « bonjour » en italien, maman tu sais comment on dit « bonjour » en japonais ou en chinois ? », et moi ça m'a épatée parce que je me suis dit voilà c'est comme ça que ça commence : on entend, on s'intéresse à une langue.

Parent 5, l’intérêt de faire venir les parents à l’école, au-delà de la découverte des langues :

« des mamans [viennent pour] parler cette langue, déjà ils vont se rendre compte que c'est pas un enregistrement, qu’il y a vraiment des gens qui parlent comme ça, et puis de on va leur parler aussi de la culture, je pense que pour mieux comprendre et mieux se rendre compte de cette différence, il faut l'associer à la culture. »

Parent 6, lien entre enfants et entre parents, au-delà d’éventuels préjugés :

« Si par exemple vous étiez tchétchène, si je vous dis bonjour en tchétchène, vous allez être contente, je vous valorise, donc vous voyez, et puis entre les enfants, c'est assez sympa, puis ça peut leur créer des liens, être un peu plus copines parce que des fois ils sont méchants entre eux, alors que si on arrive à leur parler, ils sont contents. »

Plan de l’exposition →
Imaginaires plurilingues entre familles et écoles : expériences, parcours, démarches didactiques

Le contact avec les approches plurielles des langues et cultures

L’enseignante 1 témoigne de sa motivation à s’intéresser aux langues et cultures de ses élèves :

« J’étais en recherche depuis le début de l’année, voir comment on pouvait faire, j’avais un petit enfant qui parlait pas français qui est né en France. ça faisait déjà deux ans qu’il était à l’école et il parlait pas du tout. J’ai fait des recherches un peu sur internet déjà et puis je suis tombé sur l’article et je me suis dit : c’est peut-être le moyen, cet article-là m’a interrogée en tout cas en me disant, il faut que je me remette en question. Effectivement c’est comme ça que ça fonctionne, si on accepte l’autre langue et l’autre culture comme telles ça peut changer quelque chose et effectivement ça a changé quelque chose […] »

L’enseignante 2 raconte son expérience :

« Alors au début quand [on m’]a présenté le projet il y a donc plus d'un an maintenant, j'étais un peu réticente parce que je ne voyais pas très bien comment ça pouvait se mettre en place, quel était l'intérêt pour les enfants ? Après finalement j'ai invité beaucoup de mamans à participer dans ma classe et j'ai trouvé ça bien parce que ça permettait une chose au moins c'est que les parents entrent dans l'école et en plus des parents d'origine étrangère qui même s'ils sont curieux n'osent pas, parce qu'on va pas assez vers eux °rire° Donc là moi je trouvais que ç’avait ouvert vraiment la classe l'école à ses parents quand j’ai projeté la vidéo à l'ensemble de la classe, j'ai quand même eu la moitié des parents, plus de parents qu'à ma réunion de rentrée par exemple, donc j'ai trouvé ça bien ils étaient curieux de savoir ce qu'avait fait leur enfant dans la classe autour des langues . »

Effets sur les parents

L’enseignante 1 raconte ce que son changement d’attitude vis-à-vis des langues de ses élèves a eu comme effet sur ses relations avec les parents :

« J’ai demandé [à la maman] c’est pas grave elle commençait à m’expliquer : « vous savez je parle pas bien français et tout » j’ai dit : « parlez-lui en turc si vous voulez, est-ce que vous connaissez l’histoire du Petit Chaperon Rouge ? ». Alors elle m’a dit oui donc j’ai dit : « racontez lui en turc, c’est pas grave, lui il parle pas français à l’école c’est pas grave racontez lui en turc. » Je lui ai donné le livre : « racontez lui l’histoire avec votre langue, c’est pas graveparlez lui. » Du coup, elle, ça l’a libérée par rapport à nous même. Elle me parle beaucoup plus facilement, elle hésite pas, […] c’est plus une gêne pour elle. […] elle se sent plus coupable de me parler. »

« une [autre] maman qui pareil n’est pas née en France m’a dit : « c’est super  ce que vous faites, moi toute mon enfance j’ai souffert de ça à l’école, du fait qu’on ne me reconnaisse pas dans ma culture et dans ma langue et qu’on élimine quelque part mes parents ; j’en ai souffert tout le temps, donc ce que vous faites c’est génial de reconnaître les autres cultures, les autres langues et aussi de faire une ouverture pour tous les autres enfants, que tout le monde se rende compte qu’y a plein de cultures différentes, plein de langues différentes. » Elle nous était très reconnaissante de faire ça c’était très fort. »

L’enseignante 2 témoigne à son tour :

« Je reviens ce que j'ai fait cette année, les sacs à albums où notamment les parents devaient, sur la soupe aux cailloux, donner leurs recettes de soupe préférée, ça a marché et même des parents, une maman en question qui ne maîtrise pas la langue française je sais que c'est pas elle qui a écrit mais on a eu une recette de soupe élaborée donc je sais pas si c'est le papa parce que lui parle bien français ou les enfants qui sont plus grands qui ont écrit mais ça a marché, il n'y avait aucune obligation c'était glissé dans le sac, et voilà. Je crois [qu’]il faut aller chercher les parents il faut leur donner confiance pour qu'ils osent. »

Effets observés par les enseignantes sur les parents.

L’enseignante 1 raconte les effets qu’elle a pu observer sur les élèves lorsque des activités plurilingues comprenant les langues familiales sont menées en classe avec les parents :

« […] le sourire des enfants dont les parents intervenaient et dont c’était leur langue quand comme ça à la fin les enfants applaudissaient spontanément »

L’enseignante 2 ajoute, sur le fait de travailler plusieurs langues en même temps :

« Je craignais un peu le fait que ça soit un petit peu [confus], alors comme c'était ponctuel ça pouvait pas les perturber énormément. Mais au contraire je trouve qu'ils affinent quand « papa » se dit « « baba » ou des choses comme ça, ils entendent bien qu'il y a une différence et donc on peut jouer autour de ça, c'est bien, je ne regrette pas Après ça été sport des fois °rire° »

Une autre enseignante témoigne :

« en ce moment les enfants essaient de m’apprendre l’arabe, et [ils] sont très très intransigeants <rires > : « elle est nulle la maitresse », il faut répéter pour que je le dise bien. »

Une autre enseignante témoigne de sa place privilégiée d’observatrice lorsque la séance est co-animée par une intervenante de l’association ou un parent :

« Je me suis placée du côté des enfants, j'ai plus regardé les enfants parce que j'ai pas l'occasion et que quand je voyais l'intérêt et l’enthousiasme des enfants… Une petite fille qui je me rappelle parce qu’elle a tout le temps son pouce dans la bouche, qui enlève son pouce parce qu’on entend une histoire en arabe marocain et elle regarde avec le sourire, et voilà une enfant qui est très très fermée, très introvertie et là je me dis c'est gagné. Quand on voit des choses comme ça sincèrement j'ai trouvé ça fantastique, vraiment, donc je pense que pour eux c'est encore plus de sens que pour nous, parce qu'ils disent « ah oui je peux parler ma langue, je peux faire partager des choses avec ma langue » voilà. »

Témoignages de parents

Parent 1, effet sur leur enfant / les enfants :

« Je pense que ça leur a permis de découvrir qu’il n’y avait pas que le français. Mon fils parle que français, donc il a compris qu’il y avait d’autres langues et que [ses camarades] parlaient pas que le français. Quand il regarde la télé, des fois il me dit « maman regarde ça parle en anglais ». Pour lui c’est tout anglais, c’est français et anglais (rires). Donc oui ça leur a permis de découvrir d’autres langues, […] découvrir qu’il y avait pas que le français »

Parent 2, effet sur les apprentissages :

« Au début du [projet], honnêtement, je me demandais à quoi ça va leur servir [aux enfants], parce que je connaissais pas trop et puis j’étais un peu sceptique on va dire. Et puis en fin de compte après le plaisir des enfants, la joie que les mamans transmettaient [à travers] des chansons ou apprendre un peu, [avec] les papas les mamans tout dans une autre langue, j’ai vu que nos enfants s’épanouissaient, qu’ils découvraient autre chose que leur langue. Ça a changé mon opinion, parce que je connaissais pas. J’ai vu qu’ils se sont lancés dans le jeu d’autres langages. »

Parent 3, qui a participé à la traduction de texte pour des lectures plurilingues :

« Je me suis sentie flattée, déjà qu'on me propose de faire ça parce que quelque part c’est une valorisation de faire ça, j'avais quelques petites appréhensions parce que je me disais et si il y a des mots que je ne connais pas en arabe, comment je vais faire ? donc je sais que j'avais une aide à côté, c'était mon mari et qui lui parle vraiment très bien l'arabe, qui m'a aidée. Mais en fin de compte j'ai réussi la plupart des traductions, je les ai faites toute seule parce qu'en fait les mots je les connaissais, il fallait juste un peu réfléchir et c'est revenu voilà «

Parent 4, comment les enfants en parlent :

« Dè qu'il est sorti de la classe, il m'en a parlé parce que pour lui c'était déjà rigolo, il a trouvé ça intéressant, il m'a dit : « maman c'est très bien » et quand d’autres séances étaient prévues ensuite, il savait que [l’intervenante de l’association] allait revenir pour raconter des histoires, le matin il était tout de suite levé parce qu'il y avait d'autres histoires, doncj'ai eu ce retour positif. Il est arrivé, il m’a dit : « maman tu sais comment on dit « bonjour » en italien, maman tu sais comment on dit « bonjour » en japonais ou en chinois ? », et moi ça m'a épatée parce que je me suis dit voilà c'est comme ça que ça commence : on entend, on s'intéresse à une langue.

Parent 5, l’intérêt de faire venir les parents à l’école, au-delà de la découverte des langues :

« des mamans [viennent pour] parler cette langue, déjà ils vont se rendre compte que c'est pas un enregistrement, qu’il y a vraiment des gens qui parlent comme ça, et puis de on va leur parler aussi de la culture, je pense que pour mieux comprendre et mieux se rendre compte de cette différence, il faut l'associer à la culture. »

Parent 6, lien entre enfants et entre parents, au-delà d’éventuels préjugés :

« Si par exemple vous étiez tchétchène, si je vous dis bonjour en tchétchène, vous allez être contente, je vous valorise, donc vous voyez, et puis entre les enfants, c'est assez sympa, puis ça peut leur créer des liens, être un peu plus copines parce que des fois ils sont méchants entre eux, alors que si on arrive à leur parler, ils sont contents. »

Le contact avec les approches plurielles des langues et cultures

L’enseignante 1 témoigne de sa motivation à s’intéresser aux langues et cultures de ses élèves :

« J’étais en recherche depuis le début de l’année, voir comment on pouvait faire, j’avais un petit enfant qui parlait pas français qui est né en France. ça faisait déjà deux ans qu’il était à l’école et il parlait pas du tout. J’ai fait des recherches un peu sur internet déjà et puis je suis tombé sur l’article et je me suis dit : c’est peut-être le moyen, cet article-là m’a interrogée en tout cas en me disant, il faut que je me remette en question. Effectivement c’est comme ça que ça fonctionne, si on accepte l’autre langue et l’autre culture comme telles ça peut changer quelque chose et effectivement ça a changé quelque chose […] »

L’enseignante 2 raconte son expérience :

« Alors au début quand [on m’]a présenté le projet il y a donc plus d'un an maintenant, j'étais un peu réticente parce que je ne voyais pas très bien comment ça pouvait se mettre en place, quel était l'intérêt pour les enfants ? Après finalement j'ai invité beaucoup de mamans à participer dans ma classe et j'ai trouvé ça bien parce que ça permettait une chose au moins c'est que les parents entrent dans l'école et en plus des parents d'origine étrangère qui même s'ils sont curieux n'osent pas, parce qu'on va pas assez vers eux °rire° Donc là moi je trouvais que ç’avait ouvert vraiment la classe l'école à ses parents quand j’ai projeté la vidéo à l'ensemble de la classe, j'ai quand même eu la moitié des parents, plus de parents qu'à ma réunion de rentrée par exemple, donc j'ai trouvé ça bien ils étaient curieux de savoir ce qu'avait fait leur enfant dans la classe autour des langues . »

Effets sur les parents

L’enseignante 1 raconte ce que son changement d’attitude vis-à-vis des langues de ses élèves a eu comme effet sur ses relations avec les parents :

« J’ai demandé [à la maman] c’est pas grave elle commençait à m’expliquer : « vous savez je parle pas bien français et tout » j’ai dit : « parlez-lui en turc si vous voulez, est-ce que vous connaissez l’histoire du Petit Chaperon Rouge ? ». Alors elle m’a dit oui donc j’ai dit : « racontez lui en turc, c’est pas grave, lui il parle pas français à l’école c’est pas grave racontez lui en turc. » Je lui ai donné le livre : « racontez lui l’histoire avec votre langue, c’est pas graveparlez lui. » Du coup, elle, ça l’a libérée par rapport à nous même. Elle me parle beaucoup plus facilement, elle hésite pas, […] c’est plus une gêne pour elle. […] elle se sent plus coupable de me parler. »

« une [autre] maman qui pareil n’est pas née en France m’a dit : « c’est super  ce que vous faites, moi toute mon enfance j’ai souffert de ça à l’école, du fait qu’on ne me reconnaisse pas dans ma culture et dans ma langue et qu’on élimine quelque part mes parents ; j’en ai souffert tout le temps, donc ce que vous faites c’est génial de reconnaître les autres cultures, les autres langues et aussi de faire une ouverture pour tous les autres enfants, que tout le monde se rende compte qu’y a plein de cultures différentes, plein de langues différentes. » Elle nous était très reconnaissante de faire ça c’était très fort. »

L’enseignante 2 témoigne à son tour :

« Je reviens ce que j'ai fait cette année, les sacs à albums où notamment les parents devaient, sur la soupe aux cailloux, donner leurs recettes de soupe préférée, ça a marché et même des parents, une maman en question qui ne maîtrise pas la langue française je sais que c'est pas elle qui a écrit mais on a eu une recette de soupe élaborée donc je sais pas si c'est le papa parce que lui parle bien français ou les enfants qui sont plus grands qui ont écrit mais ça a marché, il n'y avait aucune obligation c'était glissé dans le sac, et voilà. Je crois [qu’]il faut aller chercher les parents il faut leur donner confiance pour qu'ils osent. »

Effets observés par les enseignantes sur les parents.

L’enseignante 1 raconte les effets qu’elle a pu observer sur les élèves lorsque des activités plurilingues comprenant les langues familiales sont menées en classe avec les parents :

« […] le sourire des enfants dont les parents intervenaient et dont c’était leur langue quand comme ça à la fin les enfants applaudissaient spontanément »

L’enseignante 2 ajoute, sur le fait de travailler plusieurs langues en même temps :

« Je craignais un peu le fait que ça soit un petit peu [confus], alors comme c'était ponctuel ça pouvait pas les perturber énormément. Mais au contraire je trouve qu'ils affinent quand « papa » se dit « « baba » ou des choses comme ça, ils entendent bien qu'il y a une différence et donc on peut jouer autour de ça, c'est bien, je ne regrette pas Après ça été sport des fois °rire° »

Une autre enseignante témoigne :

« en ce moment les enfants essaient de m’apprendre l’arabe, et [ils] sont très très intransigeants <rires > : « elle est nulle la maitresse », il faut répéter pour que je le dise bien. »

Une autre enseignante témoigne de sa place privilégiée d’observatrice lorsque la séance est co-animée par une intervenante de l’association ou un parent :

« Je me suis placée du côté des enfants, j'ai plus regardé les enfants parce que j'ai pas l'occasion et que quand je voyais l'intérêt et l’enthousiasme des enfants… Une petite fille qui je me rappelle parce qu’elle a tout le temps son pouce dans la bouche, qui enlève son pouce parce qu’on entend une histoire en arabe marocain et elle regarde avec le sourire, et voilà une enfant qui est très très fermée, très introvertie et là je me dis c'est gagné. Quand on voit des choses comme ça sincèrement j'ai trouvé ça fantastique, vraiment, donc je pense que pour eux c'est encore plus de sens que pour nous, parce qu'ils disent « ah oui je peux parler ma langue, je peux faire partager des choses avec ma langue » voilà. »

Témoignages de parents

Parent 1, effet sur leur enfant / les enfants :

« Je pense que ça leur a permis de découvrir qu’il n’y avait pas que le français. Mon fils parle que français, donc il a compris qu’il y avait d’autres langues et que [ses camarades] parlaient pas que le français. Quand il regarde la télé, des fois il me dit « maman regarde ça parle en anglais ». Pour lui c’est tout anglais, c’est français et anglais (rires). Donc oui ça leur a permis de découvrir d’autres langues, […] découvrir qu’il y avait pas que le français »

Parent 2, effet sur les apprentissages :

« Au début du [projet], honnêtement, je me demandais à quoi ça va leur servir [aux enfants], parce que je connaissais pas trop et puis j’étais un peu sceptique on va dire. Et puis en fin de compte après le plaisir des enfants, la joie que les mamans transmettaient [à travers] des chansons ou apprendre un peu, [avec] les papas les mamans tout dans une autre langue, j’ai vu que nos enfants s’épanouissaient, qu’ils découvraient autre chose que leur langue. Ça a changé mon opinion, parce que je connaissais pas. J’ai vu qu’ils se sont lancés dans le jeu d’autres langages. »

Parent 3, qui a participé à la traduction de texte pour des lectures plurilingues :

« Je me suis sentie flattée, déjà qu'on me propose de faire ça parce que quelque part c’est une valorisation de faire ça, j'avais quelques petites appréhensions parce que je me disais et si il y a des mots que je ne connais pas en arabe, comment je vais faire ? donc je sais que j'avais une aide à côté, c'était mon mari et qui lui parle vraiment très bien l'arabe, qui m'a aidée. Mais en fin de compte j'ai réussi la plupart des traductions, je les ai faites toute seule parce qu'en fait les mots je les connaissais, il fallait juste un peu réfléchir et c'est revenu voilà «

Parent 4, comment les enfants en parlent :

« Dè qu'il est sorti de la classe, il m'en a parlé parce que pour lui c'était déjà rigolo, il a trouvé ça intéressant, il m'a dit : « maman c'est très bien » et quand d’autres séances étaient prévues ensuite, il savait que [l’intervenante de l’association] allait revenir pour raconter des histoires, le matin il était tout de suite levé parce qu'il y avait d'autres histoires, doncj'ai eu ce retour positif. Il est arrivé, il m’a dit : « maman tu sais comment on dit « bonjour » en italien, maman tu sais comment on dit « bonjour » en japonais ou en chinois ? », et moi ça m'a épatée parce que je me suis dit voilà c'est comme ça que ça commence : on entend, on s'intéresse à une langue.

Parent 5, l’intérêt de faire venir les parents à l’école, au-delà de la découverte des langues :

« des mamans [viennent pour] parler cette langue, déjà ils vont se rendre compte que c'est pas un enregistrement, qu’il y a vraiment des gens qui parlent comme ça, et puis de on va leur parler aussi de la culture, je pense que pour mieux comprendre et mieux se rendre compte de cette différence, il faut l'associer à la culture. »

Parent 6, lien entre enfants et entre parents, au-delà d’éventuels préjugés :

« Si par exemple vous étiez tchétchène, si je vous dis bonjour en tchétchène, vous allez être contente, je vous valorise, donc vous voyez, et puis entre les enfants, c'est assez sympa, puis ça peut leur créer des liens, être un peu plus copines parce que des fois ils sont méchants entre eux, alors que si on arrive à leur parler, ils sont contents. »

À CONSULTER...

Le contact avec les approches plurielles des langues et cultures

L’enseignante 1 témoigne de sa motivation à s’intéresser aux langues et cultures de ses élèves :

« J’étais en recherche depuis le début de l’année, voir comment on pouvait faire, j’avais un petit enfant qui parlait pas français qui est né en France. ça faisait déjà deux ans qu’il était à l’école et il parlait pas du tout. J’ai fait des recherches un peu sur internet déjà et puis je suis tombé sur l’article et je me suis dit : c’est peut-être le moyen, cet article-là m’a interrogée en tout cas en me disant, il faut que je me remette en question. Effectivement c’est comme ça que ça fonctionne, si on accepte l’autre langue et l’autre culture comme telles ça peut changer quelque chose et effectivement ça a changé quelque chose […] »

L’enseignante 2 raconte son expérience :

« Alors au début quand [on m’]a présenté le projet il y a donc plus d'un an maintenant, j'étais un peu réticente parce que je ne voyais pas très bien comment ça pouvait se mettre en place, quel était l'intérêt pour les enfants ? Après finalement j'ai invité beaucoup de mamans à participer dans ma classe et j'ai trouvé ça bien parce que ça permettait une chose au moins c'est que les parents entrent dans l'école et en plus des parents d'origine étrangère qui même s'ils sont curieux n'osent pas, parce qu'on va pas assez vers eux °rire° Donc là moi je trouvais que ç’avait ouvert vraiment la classe l'école à ses parents quand j’ai projeté la vidéo à l'ensemble de la classe, j'ai quand même eu la moitié des parents, plus de parents qu'à ma réunion de rentrée par exemple, donc j'ai trouvé ça bien ils étaient curieux de savoir ce qu'avait fait leur enfant dans la classe autour des langues . »

Effets sur les parents

L’enseignante 1 raconte ce que son changement d’attitude vis-à-vis des langues de ses élèves a eu comme effet sur ses relations avec les parents :

« J’ai demandé [à la maman] c’est pas grave elle commençait à m’expliquer : « vous savez je parle pas bien français et tout » j’ai dit : « parlez-lui en turc si vous voulez, est-ce que vous connaissez l’histoire du Petit Chaperon Rouge ? ». Alors elle m’a dit oui donc j’ai dit : « racontez lui en turc, c’est pas grave, lui il parle pas français à l’école c’est pas grave racontez lui en turc. » Je lui ai donné le livre : « racontez lui l’histoire avec votre langue, c’est pas graveparlez lui. » Du coup, elle, ça l’a libérée par rapport à nous même. Elle me parle beaucoup plus facilement, elle hésite pas, […] c’est plus une gêne pour elle. […] elle se sent plus coupable de me parler. »

« une [autre] maman qui pareil n’est pas née en France m’a dit : « c’est super  ce que vous faites, moi toute mon enfance j’ai souffert de ça à l’école, du fait qu’on ne me reconnaisse pas dans ma culture et dans ma langue et qu’on élimine quelque part mes parents ; j’en ai souffert tout le temps, donc ce que vous faites c’est génial de reconnaître les autres cultures, les autres langues et aussi de faire une ouverture pour tous les autres enfants, que tout le monde se rende compte qu’y a plein de cultures différentes, plein de langues différentes. » Elle nous était très reconnaissante de faire ça c’était très fort. »

L’enseignante 2 témoigne à son tour :

« Je reviens ce que j'ai fait cette année, les sacs à albums où notamment les parents devaient, sur la soupe aux cailloux, donner leurs recettes de soupe préférée, ça a marché et même des parents, une maman en question qui ne maîtrise pas la langue française je sais que c'est pas elle qui a écrit mais on a eu une recette de soupe élaborée donc je sais pas si c'est le papa parce que lui parle bien français ou les enfants qui sont plus grands qui ont écrit mais ça a marché, il n'y avait aucune obligation c'était glissé dans le sac, et voilà. Je crois [qu’]il faut aller chercher les parents il faut leur donner confiance pour qu'ils osent. »

Effets observés par les enseignantes sur les parents.

L’enseignante 1 raconte les effets qu’elle a pu observer sur les élèves lorsque des activités plurilingues comprenant les langues familiales sont menées en classe avec les parents :

« […] le sourire des enfants dont les parents intervenaient et dont c’était leur langue quand comme ça à la fin les enfants applaudissaient spontanément »

L’enseignante 2 ajoute, sur le fait de travailler plusieurs langues en même temps :

« Je craignais un peu le fait que ça soit un petit peu [confus], alors comme c'était ponctuel ça pouvait pas les perturber énormément. Mais au contraire je trouve qu'ils affinent quand « papa » se dit « « baba » ou des choses comme ça, ils entendent bien qu'il y a une différence et donc on peut jouer autour de ça, c'est bien, je ne regrette pas Après ça été sport des fois °rire° »

Une autre enseignante témoigne :

« en ce moment les enfants essaient de m’apprendre l’arabe, et [ils] sont très très intransigeants <rires > : « elle est nulle la maitresse », il faut répéter pour que je le dise bien. »

Une autre enseignante témoigne de sa place privilégiée d’observatrice lorsque la séance est co-animée par une intervenante de l’association ou un parent :

« Je me suis placée du côté des enfants, j'ai plus regardé les enfants parce que j'ai pas l'occasion et que quand je voyais l'intérêt et l’enthousiasme des enfants… Une petite fille qui je me rappelle parce qu’elle a tout le temps son pouce dans la bouche, qui enlève son pouce parce qu’on entend une histoire en arabe marocain et elle regarde avec le sourire, et voilà une enfant qui est très très fermée, très introvertie et là je me dis c'est gagné. Quand on voit des choses comme ça sincèrement j'ai trouvé ça fantastique, vraiment, donc je pense que pour eux c'est encore plus de sens que pour nous, parce qu'ils disent « ah oui je peux parler ma langue, je peux faire partager des choses avec ma langue » voilà. »

Témoignages de parents

Parent 1, effet sur leur enfant / les enfants :

« Je pense que ça leur a permis de découvrir qu’il n’y avait pas que le français. Mon fils parle que français, donc il a compris qu’il y avait d’autres langues et que [ses camarades] parlaient pas que le français. Quand il regarde la télé, des fois il me dit « maman regarde ça parle en anglais ». Pour lui c’est tout anglais, c’est français et anglais (rires). Donc oui ça leur a permis de découvrir d’autres langues, […] découvrir qu’il y avait pas que le français »

Parent 2, effet sur les apprentissages :

« Au début du [projet], honnêtement, je me demandais à quoi ça va leur servir [aux enfants], parce que je connaissais pas trop et puis j’étais un peu sceptique on va dire. Et puis en fin de compte après le plaisir des enfants, la joie que les mamans transmettaient [à travers] des chansons ou apprendre un peu, [avec] les papas les mamans tout dans une autre langue, j’ai vu que nos enfants s’épanouissaient, qu’ils découvraient autre chose que leur langue. Ça a changé mon opinion, parce que je connaissais pas. J’ai vu qu’ils se sont lancés dans le jeu d’autres langages. »

Parent 3, qui a participé à la traduction de texte pour des lectures plurilingues :

« Je me suis sentie flattée, déjà qu'on me propose de faire ça parce que quelque part c’est une valorisation de faire ça, j'avais quelques petites appréhensions parce que je me disais et si il y a des mots que je ne connais pas en arabe, comment je vais faire ? donc je sais que j'avais une aide à côté, c'était mon mari et qui lui parle vraiment très bien l'arabe, qui m'a aidée. Mais en fin de compte j'ai réussi la plupart des traductions, je les ai faites toute seule parce qu'en fait les mots je les connaissais, il fallait juste un peu réfléchir et c'est revenu voilà «

Parent 4, comment les enfants en parlent :

« Dè qu'il est sorti de la classe, il m'en a parlé parce que pour lui c'était déjà rigolo, il a trouvé ça intéressant, il m'a dit : « maman c'est très bien » et quand d’autres séances étaient prévues ensuite, il savait que [l’intervenante de l’association] allait revenir pour raconter des histoires, le matin il était tout de suite levé parce qu'il y avait d'autres histoires, doncj'ai eu ce retour positif. Il est arrivé, il m’a dit : « maman tu sais comment on dit « bonjour » en italien, maman tu sais comment on dit « bonjour » en japonais ou en chinois ? », et moi ça m'a épatée parce que je me suis dit voilà c'est comme ça que ça commence : on entend, on s'intéresse à une langue.

Parent 5, l’intérêt de faire venir les parents à l’école, au-delà de la découverte des langues :

« des mamans [viennent pour] parler cette langue, déjà ils vont se rendre compte que c'est pas un enregistrement, qu’il y a vraiment des gens qui parlent comme ça, et puis de on va leur parler aussi de la culture, je pense que pour mieux comprendre et mieux se rendre compte de cette différence, il faut l'associer à la culture. »

Parent 6, lien entre enfants et entre parents, au-delà d’éventuels préjugés :

« Si par exemple vous étiez tchétchène, si je vous dis bonjour en tchétchène, vous allez être contente, je vous valorise, donc vous voyez, et puis entre les enfants, c'est assez sympa, puis ça peut leur créer des liens, être un peu plus copines parce que des fois ils sont méchants entre eux, alors que si on arrive à leur parler, ils sont contents. »

Enfances Humanistes

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