Chapitre II
L’ENFANT, UN ÊTRE À FORMER
NOUVEAUX LIEUX, NOUVELLES INSTITUTIONS
DES RÉGENTS ET D’ANCIENS ÉLÈVES TÉMOIGNENT
BIBLIOTHÈQUE SONORE

Le collège, une invention humaniste ?

Le collège n’est pas une institution nouvelle au XVIe siècle. De nombreux collèges ont été fondés au Moyen Âge dans les villes universitaires par des évêques ou de riches mécènes pour accueillir les boursiers méritants de leur diocèse. Ces derniers y étaient nourris et logés tout en suivant les cours à l’université, mais on n’y dispensait pas d’enseignement. La culture humaniste s’y développe avec l’arrivée de la nouvelle génération de régents et de principaux (c’est-à-dire de maîtres et de directeurs) comme Mathurin Cordier qui devient en 1523 le régent de rhétorique au collège de la Marche ou André de Gouveia qui se voit confier par son oncle la charge de principal au collège de Sainte-Barbe en 1530. On commence à y proposer des cours libres de nouvelles matières, comme la lecture des auteurs classiques et des enseignements de grec, de poésie et de rhétorique qui ne trouvaient pas leur place à la Faculté des Arts.
Les collèges deviennent donc des lieux d’enseignement. Les enfants de neuf ou dix ans les plus doués peuvent y continuer leur éducation. Ce parcours devient de plus en plus populaire, car l’éducation offre, à la Renaissance, une possibilité de véritable ascension sociale, ce dont témoigne, par exemple, la carrière de Pierre de La Ramée, un enfant de la campagne qui devient lecteur royal grâce à ses talents et un travail acharné. Les collégiens étudient les lettres classiques (humaniores), considérées comme les plus hautes créations de l’esprit, pour se dégrossir, s’adoucir, devenir des hommes civilisés (humanitas) et se préparer à exercer les fonctions de pouvoir dans la société.


Pour pouvoir enseigner au collège, il faut soi-même être un « maître ès arts », c’est-à-dire accomplir le cursus complet des arts libéraux, mais aussi incarner un exemple de vertus et avoir des talents d’orateur. La municipalité de la ville choisit les régents par voie de concours ou en se reposant sur les recommandations. Par cet acte de provision, Jean de la Court, régent de l’université d’Angers, donne la charge de modérateur de l’école Saint-Maurice dite de la Porte de Fer à Julien Rivière, clerc de Nantes, maître ès arts de l’université de Paris.
Acte de provision (1580) faisant partie des « Pièces diverses concernant les collèges et écoles de la ville d’Angers », XVe-XVIIIe s. © Bibliothèque municipale Toussaint, Angers, Ms. 1259 (1030) (Photo : NW)



Pour Cicéron, l’humanitas est tout ce que l’on apprend aux enfants pour qu’ils deviennent hommes. Cicéron, un homme de bien qui savait parler, le père de l’éloquence, devient pour les élèves des collèges un modèle à suivre, une figure presque familière.
Portrait de Cicéron dans Album Amicorum de Johann Lange de Liegnitz en Silésie (1592-1620) © BnF/Gallica

Le collège, une invention humaniste ?

Le collège n’est pas une institution nouvelle au XVIe siècle. De nombreux collèges ont été fondés au Moyen Âge dans les villes universitaires par des évêques ou de riches mécènes pour accueillir les boursiers méritants de leur diocèse. Ces derniers y étaient nourris et logés tout en suivant les cours à l’université, mais on n’y dispensait pas d’enseignement. La culture humaniste s’y développe avec l’arrivée de la nouvelle génération de régents et de principaux (c’est-à-dire de maîtres et de directeurs) comme Mathurin Cordier qui devient en 1523 le régent de rhétorique au collège de la Marche ou André de Gouveia qui se voit confier par son oncle la charge de principal au collège de Sainte-Barbe en 1530. On commence à y proposer des cours libres de nouvelles matières, comme la lecture des auteurs classiques et des enseignements de grec, de poésie et de rhétorique qui ne trouvaient pas leur place à la Faculté des Arts.
Les collèges deviennent donc des lieux d’enseignement. Les enfants de neuf ou dix ans les plus doués peuvent y continuer leur éducation. Ce parcours devient de plus en plus populaire, car l’éducation offre, à la Renaissance, une possibilité de véritable ascension sociale, ce dont témoigne, par exemple, la carrière de Pierre de La Ramée, un enfant de la campagne qui devient lecteur royal grâce à ses talents et un travail acharné. Les collégiens étudient les lettres classiques (humaniores), considérées comme les plus hautes créations de l’esprit, pour se dégrossir, s’adoucir, devenir des hommes civilisés (humanitas) et se préparer à exercer les fonctions de pouvoir dans la société.


Pour pouvoir enseigner au collège, il faut soi-même être un « maître ès arts », c’est-à-dire accomplir le cursus complet des arts libéraux, mais aussi incarner un exemple de vertus et avoir des talents d’orateur. La municipalité de la ville choisit les régents par voie de concours ou en se reposant sur les recommandations. Par cet acte de provision, Jean de la Court, régent de l’université d’Angers, donne la charge de modérateur de l’école Saint-Maurice dite de la Porte de Fer à Julien Rivière, clerc de Nantes, maître ès arts de l’université de Paris.
Acte de provision (1580) faisant partie des « Pièces diverses concernant les collèges et écoles de la ville d’Angers », XVe-XVIIIe s. © Bibliothèque municipale Toussaint, Angers, Ms. 1259 (1030) (Photo : NW)



Pour Cicéron, l’humanitas est tout ce que l’on apprend aux enfants pour qu’ils deviennent hommes. Cicéron, un homme de bien qui savait parler, le père de l’éloquence, devient pour les élèves des collèges un modèle à suivre, une figure presque familière.
Portrait de Cicéron dans Album Amicorum de Johann Lange de Liegnitz en Silésie (1592-1620) © BnF/Gallica

Le collège, une invention humaniste ?

Le collège n’est pas une institution nouvelle au XVIe siècle. De nombreux collèges ont été fondés au Moyen Âge dans les villes universitaires par des évêques ou de riches mécènes pour accueillir les boursiers méritants de leur diocèse. Ces derniers y étaient nourris et logés tout en suivant les cours à l’université, mais on n’y dispensait pas d’enseignement. La culture humaniste s’y développe avec l’arrivée de la nouvelle génération de régents et de principaux (c’est-à-dire de maîtres et de directeurs) comme Mathurin Cordier qui devient en 1523 le régent de rhétorique au collège de la Marche ou André de Gouveia qui se voit confier par son oncle la charge de principal au collège de Sainte-Barbe en 1530. On commence à y proposer des cours libres de nouvelles matières, comme la lecture des auteurs classiques et des enseignements de grec, de poésie et de rhétorique qui ne trouvaient pas leur place à la Faculté des Arts.
Les collèges deviennent donc des lieux d’enseignement. Les enfants de neuf ou dix ans les plus doués peuvent y continuer leur éducation. Ce parcours devient de plus en plus populaire, car l’éducation offre, à la Renaissance, une possibilité de véritable ascension sociale, ce dont témoigne, par exemple, la carrière de Pierre de La Ramée, un enfant de la campagne qui devient lecteur royal grâce à ses talents et un travail acharné. Les collégiens étudient les lettres classiques (humaniores), considérées comme les plus hautes créations de l’esprit, pour se dégrossir, s’adoucir, devenir des hommes civilisés (humanitas) et se préparer à exercer les fonctions de pouvoir dans la société.


Pour pouvoir enseigner au collège, il faut soi-même être un « maître ès arts », c’est-à-dire accomplir le cursus complet des arts libéraux, mais aussi incarner un exemple de vertus et avoir des talents d’orateur. La municipalité de la ville choisit les régents par voie de concours ou en se reposant sur les recommandations. Par cet acte de provision, Jean de la Court, régent de l’université d’Angers, donne la charge de modérateur de l’école Saint-Maurice dite de la Porte de Fer à Julien Rivière, clerc de Nantes, maître ès arts de l’université de Paris.
Acte de provision (1580) faisant partie des « Pièces diverses concernant les collèges et écoles de la ville d’Angers », XVe-XVIIIe s. © Bibliothèque municipale Toussaint, Angers, Ms. 1259 (1030) (Photo : NW)



Pour Cicéron, l’humanitas est tout ce que l’on apprend aux enfants pour qu’ils deviennent hommes. Cicéron, un homme de bien qui savait parler, le père de l’éloquence, devient pour les élèves des collèges un modèle à suivre, une figure presque familière.
Portrait de Cicéron dans Album Amicorum de Johann Lange de Liegnitz en Silésie (1592-1620) © BnF/Gallica


Le collège, une invention humaniste ?

Le collège n’est pas une institution nouvelle au XVIe siècle. De nombreux collèges ont été fondés au Moyen Âge dans les villes universitaires par des évêques ou de riches mécènes pour accueillir les boursiers méritants de leur diocèse. Ces derniers y étaient nourris et logés tout en suivant les cours à l’université, mais on n’y dispensait pas d’enseignement. La culture humaniste s’y développe avec l’arrivée de la nouvelle génération de régents et de principaux (c’est-à-dire de maîtres et de directeurs) comme Mathurin Cordier qui devient en 1523 le régent de rhétorique au collège de la Marche ou André de Gouveia qui se voit confier par son oncle la charge de principal au collège de Sainte-Barbe en 1530. On commence à y proposer des cours libres de nouvelles matières, comme la lecture des auteurs classiques et des enseignements de grec, de poésie et de rhétorique qui ne trouvaient pas leur place à la Faculté des Arts.
Les collèges deviennent donc des lieux d’enseignement. Les enfants de neuf ou dix ans les plus doués peuvent y continuer leur éducation. Ce parcours devient de plus en plus populaire, car l’éducation offre, à la Renaissance, une possibilité de véritable ascension sociale, ce dont témoigne, par exemple, la carrière de Pierre de La Ramée, un enfant de la campagne qui devient lecteur royal grâce à ses talents et un travail acharné. Les collégiens étudient les lettres classiques (humaniores), considérées comme les plus hautes créations de l’esprit, pour se dégrossir, s’adoucir, devenir des hommes civilisés (humanitas) et se préparer à exercer les fonctions de pouvoir dans la société.


Pour pouvoir enseigner au collège, il faut soi-même être un « maître ès arts », c’est-à-dire accomplir le cursus complet des arts libéraux, mais aussi incarner un exemple de vertus et avoir des talents d’orateur. La municipalité de la ville choisit les régents par voie de concours ou en se reposant sur les recommandations. Par cet acte de provision, Jean de la Court, régent de l’université d’Angers, donne la charge de modérateur de l’école Saint-Maurice dite de la Porte de Fer à Julien Rivière, clerc de Nantes, maître ès arts de l’université de Paris.
Acte de provision (1580) faisant partie des « Pièces diverses concernant les collèges et écoles de la ville d’Angers », XVe-XVIIIe s. © Bibliothèque municipale Toussaint, Angers, Ms. 1259 (1030) (Photo : NW)



Pour Cicéron, l’humanitas est tout ce que l’on apprend aux enfants pour qu’ils deviennent hommes. Cicéron, un homme de bien qui savait parler, le père de l’éloquence, devient pour les élèves des collèges un modèle à suivre, une figure presque familière.
Portrait de Cicéron dans Album Amicorum de Johann Lange de Liegnitz en Silésie (1592-1620) © BnF/Gallica
