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Gabon

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Petite notice de contextualisation pour situer les univers langagiers de socialisation initiale

  • Le Gabon est un pays d’Afrique équatoriale partageant ses frontières avec la Guinée Equatoriale, le Cameroun, le Congo-Brazzaville et baigné, à l’ouest, par l’océan Atlantique. Petit pays (à peu près la moitié de celle de la France), il est caractérisé par une importante diversité ethnolinguistique, comportant plus de cinquante ethnies et langues (auxquels se rajoutent les sous-ensembles correspondants) pour une population de 2 million d’habitants (2018). Parmi ces langues, le fang, parlé par 32 % de la population, constitue la langue la plus importante numériquement, avec le mbédé (15 %) et le punu (10 %), les autres langues gabonaises représentant des petites communautés de moins de 5000 locuteurs. Avec une géographie très largement dominée par la forêt tropicale qui recouvre 80% de son territoire, le Gabon a, par ailleurs, une population vivant majoritairement en zone urbaine (près de 73 %, dont 35 % dans la capitale Libreville), l’intérieur du pays étant peu peuplé.
  • Sous domination française à partir de 1839, les « sujets » Gabonais furent soumis au travail forcé, pour la construction, entre autres, du chemin de fer Congo-Océan avec des conditions de vie et de travail sur ce chantier qui provoquèrent la mort d’environs 30 000 hommes, et les premières révoltes massives contre l’Administration coloniale française. L’une des voix qui s’éleva pour dénoncer les abus fut celle Léon M’Ba, un Fang, chef du canton en 1922, (surnommé « le proscrit des Français »), futur premier président du Gabon devenu indépendant le 17 août 1960. Le versant linguistique de cette administration coloniale se traduisit, pour sa part, par une politique assimilationniste d’imposition du français ayant pour objectif premier la formation d’« auxiliaires » devant posséder les compétences linguistiques et pratiques nécessaires à la réalisation du programme d’expansion politico-économique de la France au Gabon et plus largement en Afrique (MAKOUTA-MBOUKOU, J. -P., 1973, Le français en Afrique noire, Bordas ; SURET-CANALE, J., 1962, Afrique noire. L’ère coloniale : 1900-1945, Editions Sociales : 474).
  • Au moment de l’indépendance, le français, langue coloniale, devient langue officielle et langue d’administration de la nouvelle république gabonaise (choix pragmatique opéré par l’ensemble des ex. colonies françaises d’Afrique noire). Ainsi introduit dans un paysage sociolinguistique marqué, d’une part, par un important multilinguisme et, d’autre part, par l’absence de langue véhiculaire endogène, le français (variété standard dit « français châtié » et variété devenue endogène : un « sabir » dit « français militaire ») assure au Gabon (contrairement au Sénégal et dans les pays ayant un véhiculaire local) les fonctions de langue de communication interethnique. Le point commun avec l’ensemble des pays d’Afrique francophone constitue l’instauration d’une situation de diglossie enchâssée (Beniamino, 1997), tissant des rapports de hiérarchisation échelonnés, pour le cas du Gabon, entre : français standard, « français militaire » et langues vernaculaires, dans un ordre décroissant de valeur sociale symbolique. Dans cette configuration sociolinguistique, le nombre de gabonais ayant le français pour langue maternelle progresse dans les capitales provinciales et départementales, mais, dans l'ensemble, les langues gabonaises restent davantage parlées que le français (env. 70 % contre 30 %).
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Imaginaires plurilingues entre familles et écoles : expériences, parcours, démarches didactiques

Petite notice de contextualisation pour situer les univers langagiers de socialisation initiale

  • Le Gabon est un pays d’Afrique équatoriale partageant ses frontières avec la Guinée Equatoriale, le Cameroun, le Congo-Brazzaville et baigné, à l’ouest, par l’océan Atlantique. Petit pays (à peu près la moitié de celle de la France), il est caractérisé par une importante diversité ethnolinguistique, comportant plus de cinquante ethnies et langues (auxquels se rajoutent les sous-ensembles correspondants) pour une population de 2 million d’habitants (2018). Parmi ces langues, le fang, parlé par 32 % de la population, constitue la langue la plus importante numériquement, avec le mbédé (15 %) et le punu (10 %), les autres langues gabonaises représentant des petites communautés de moins de 5000 locuteurs. Avec une géographie très largement dominée par la forêt tropicale qui recouvre 80% de son territoire, le Gabon a, par ailleurs, une population vivant majoritairement en zone urbaine (près de 73 %, dont 35 % dans la capitale Libreville), l’intérieur du pays étant peu peuplé.
  • Sous domination française à partir de 1839, les « sujets » Gabonais furent soumis au travail forcé, pour la construction, entre autres, du chemin de fer Congo-Océan avec des conditions de vie et de travail sur ce chantier qui provoquèrent la mort d’environs 30 000 hommes, et les premières révoltes massives contre l’Administration coloniale française. L’une des voix qui s’éleva pour dénoncer les abus fut celle Léon M’Ba, un Fang, chef du canton en 1922, (surnommé « le proscrit des Français »), futur premier président du Gabon devenu indépendant le 17 août 1960. Le versant linguistique de cette administration coloniale se traduisit, pour sa part, par une politique assimilationniste d’imposition du français ayant pour objectif premier la formation d’« auxiliaires » devant posséder les compétences linguistiques et pratiques nécessaires à la réalisation du programme d’expansion politico-économique de la France au Gabon et plus largement en Afrique (MAKOUTA-MBOUKOU, J. -P., 1973, Le français en Afrique noire, Bordas ; SURET-CANALE, J., 1962, Afrique noire. L’ère coloniale : 1900-1945, Editions Sociales : 474).
  • Au moment de l’indépendance, le français, langue coloniale, devient langue officielle et langue d’administration de la nouvelle république gabonaise (choix pragmatique opéré par l’ensemble des ex. colonies françaises d’Afrique noire). Ainsi introduit dans un paysage sociolinguistique marqué, d’une part, par un important multilinguisme et, d’autre part, par l’absence de langue véhiculaire endogène, le français (variété standard dit « français châtié » et variété devenue endogène : un « sabir » dit « français militaire ») assure au Gabon (contrairement au Sénégal et dans les pays ayant un véhiculaire local) les fonctions de langue de communication interethnique. Le point commun avec l’ensemble des pays d’Afrique francophone constitue l’instauration d’une situation de diglossie enchâssée (Beniamino, 1997), tissant des rapports de hiérarchisation échelonnés, pour le cas du Gabon, entre : français standard, « français militaire » et langues vernaculaires, dans un ordre décroissant de valeur sociale symbolique. Dans cette configuration sociolinguistique, le nombre de gabonais ayant le français pour langue maternelle progresse dans les capitales provinciales et départementales, mais, dans l'ensemble, les langues gabonaises restent davantage parlées que le français (env. 70 % contre 30 %).

Petite notice de contextualisation pour situer les univers langagiers de socialisation initiale

  • Le Gabon est un pays d’Afrique équatoriale partageant ses frontières avec la Guinée Equatoriale, le Cameroun, le Congo-Brazzaville et baigné, à l’ouest, par l’océan Atlantique. Petit pays (à peu près la moitié de celle de la France), il est caractérisé par une importante diversité ethnolinguistique, comportant plus de cinquante ethnies et langues (auxquels se rajoutent les sous-ensembles correspondants) pour une population de 2 million d’habitants (2018). Parmi ces langues, le fang, parlé par 32 % de la population, constitue la langue la plus importante numériquement, avec le mbédé (15 %) et le punu (10 %), les autres langues gabonaises représentant des petites communautés de moins de 5000 locuteurs. Avec une géographie très largement dominée par la forêt tropicale qui recouvre 80% de son territoire, le Gabon a, par ailleurs, une population vivant majoritairement en zone urbaine (près de 73 %, dont 35 % dans la capitale Libreville), l’intérieur du pays étant peu peuplé.
  • Sous domination française à partir de 1839, les « sujets » Gabonais furent soumis au travail forcé, pour la construction, entre autres, du chemin de fer Congo-Océan avec des conditions de vie et de travail sur ce chantier qui provoquèrent la mort d’environs 30 000 hommes, et les premières révoltes massives contre l’Administration coloniale française. L’une des voix qui s’éleva pour dénoncer les abus fut celle Léon M’Ba, un Fang, chef du canton en 1922, (surnommé « le proscrit des Français »), futur premier président du Gabon devenu indépendant le 17 août 1960. Le versant linguistique de cette administration coloniale se traduisit, pour sa part, par une politique assimilationniste d’imposition du français ayant pour objectif premier la formation d’« auxiliaires » devant posséder les compétences linguistiques et pratiques nécessaires à la réalisation du programme d’expansion politico-économique de la France au Gabon et plus largement en Afrique (MAKOUTA-MBOUKOU, J. -P., 1973, Le français en Afrique noire, Bordas ; SURET-CANALE, J., 1962, Afrique noire. L’ère coloniale : 1900-1945, Editions Sociales : 474).
  • Au moment de l’indépendance, le français, langue coloniale, devient langue officielle et langue d’administration de la nouvelle république gabonaise (choix pragmatique opéré par l’ensemble des ex. colonies françaises d’Afrique noire). Ainsi introduit dans un paysage sociolinguistique marqué, d’une part, par un important multilinguisme et, d’autre part, par l’absence de langue véhiculaire endogène, le français (variété standard dit « français châtié » et variété devenue endogène : un « sabir » dit « français militaire ») assure au Gabon (contrairement au Sénégal et dans les pays ayant un véhiculaire local) les fonctions de langue de communication interethnique. Le point commun avec l’ensemble des pays d’Afrique francophone constitue l’instauration d’une situation de diglossie enchâssée (Beniamino, 1997), tissant des rapports de hiérarchisation échelonnés, pour le cas du Gabon, entre : français standard, « français militaire » et langues vernaculaires, dans un ordre décroissant de valeur sociale symbolique. Dans cette configuration sociolinguistique, le nombre de gabonais ayant le français pour langue maternelle progresse dans les capitales provinciales et départementales, mais, dans l'ensemble, les langues gabonaises restent davantage parlées que le français (env. 70 % contre 30 %).

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  • Le Gabon est un pays d’Afrique équatoriale partageant ses frontières avec la Guinée Equatoriale, le Cameroun, le Congo-Brazzaville et baigné, à l’ouest, par l’océan Atlantique. Petit pays (à peu près la moitié de celle de la France), il est caractérisé par une importante diversité ethnolinguistique, comportant plus de cinquante ethnies et langues (auxquels se rajoutent les sous-ensembles correspondants) pour une population de 2 million d’habitants (2018). Parmi ces langues, le fang, parlé par 32 % de la population, constitue la langue la plus importante numériquement, avec le mbédé (15 %) et le punu (10 %), les autres langues gabonaises représentant des petites communautés de moins de 5000 locuteurs. Avec une géographie très largement dominée par la forêt tropicale qui recouvre 80% de son territoire, le Gabon a, par ailleurs, une population vivant majoritairement en zone urbaine (près de 73 %, dont 35 % dans la capitale Libreville), l’intérieur du pays étant peu peuplé.
  • Sous domination française à partir de 1839, les « sujets » Gabonais furent soumis au travail forcé, pour la construction, entre autres, du chemin de fer Congo-Océan avec des conditions de vie et de travail sur ce chantier qui provoquèrent la mort d’environs 30 000 hommes, et les premières révoltes massives contre l’Administration coloniale française. L’une des voix qui s’éleva pour dénoncer les abus fut celle Léon M’Ba, un Fang, chef du canton en 1922, (surnommé « le proscrit des Français »), futur premier président du Gabon devenu indépendant le 17 août 1960. Le versant linguistique de cette administration coloniale se traduisit, pour sa part, par une politique assimilationniste d’imposition du français ayant pour objectif premier la formation d’« auxiliaires » devant posséder les compétences linguistiques et pratiques nécessaires à la réalisation du programme d’expansion politico-économique de la France au Gabon et plus largement en Afrique (MAKOUTA-MBOUKOU, J. -P., 1973, Le français en Afrique noire, Bordas ; SURET-CANALE, J., 1962, Afrique noire. L’ère coloniale : 1900-1945, Editions Sociales : 474).
  • Au moment de l’indépendance, le français, langue coloniale, devient langue officielle et langue d’administration de la nouvelle république gabonaise (choix pragmatique opéré par l’ensemble des ex. colonies françaises d’Afrique noire). Ainsi introduit dans un paysage sociolinguistique marqué, d’une part, par un important multilinguisme et, d’autre part, par l’absence de langue véhiculaire endogène, le français (variété standard dit « français châtié » et variété devenue endogène : un « sabir » dit « français militaire ») assure au Gabon (contrairement au Sénégal et dans les pays ayant un véhiculaire local) les fonctions de langue de communication interethnique. Le point commun avec l’ensemble des pays d’Afrique francophone constitue l’instauration d’une situation de diglossie enchâssée (Beniamino, 1997), tissant des rapports de hiérarchisation échelonnés, pour le cas du Gabon, entre : français standard, « français militaire » et langues vernaculaires, dans un ordre décroissant de valeur sociale symbolique. Dans cette configuration sociolinguistique, le nombre de gabonais ayant le français pour langue maternelle progresse dans les capitales provinciales et départementales, mais, dans l'ensemble, les langues gabonaises restent davantage parlées que le français (env. 70 % contre 30 %).

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